Attaques contre l’armée au Mali: le président Keïta annule une visite en Egypte

ibkLe président malien Ibrahim Boubacar Keïta, qui devait se rendre mardi en Egypte, a annulé son déplacement pour raisons de sécurité intérieure, a appris l’AFP auprès de son entourage, après deux attaques jihadistes ayant tué 13 militaires maliens en trois jours.

Dans une déclaration dont l’AFP a obtenu copie mardi soir, le président Keïta, surnommé IBK d’après ses initiales, a fustigé les auteurs des dernières opérations jihadistes qualifiés d’actes perfides et lâches contre le Mali et la paix, dans lesquelles ont péri deux soldats le 1er août vers Nampala (centre) et onze lundi à Gourma-Rharous (nord).

Je n’ai pas de mots assez durs pour condamner ces actes ignobles qui sont l’oeuvre d’individus n’ayant de respect ni pour la vie humaine, ni (pour) nos valeurs, a-t-il dit.

Certes, les ennemis de la paix nous endeuillent aujourd’hui. Mais qu’ils soient sûrs d’une chose: ils ne réussiront jamais à nous distraire, ni à nous dévier de la voie que nous suivons vers la paix et la réconciliation, notre but ultime, a affirmé le président malien.

Plus tôt dans la journée, la présidence malienne avait annoncé sur son compte Twitter, sans plus de détails: Le président IBK a annulé le déplacement qu’il devait effectuer ce (mardi) matin en Egypte.

Sollicité par l’AFP son entourage a expliqué qu’il devait assister jeudi à l’inauguration de la seconde voie du canal de Suez reliant la mer Rouge à la mer Méditerranée. Il avait été invité à cette cérémonie par son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Il ne fera pas le voyage en Egypte pour des raisons de sécurité intérieure. Dans la situation actuelle, il ne peut pas répondre personnellement à l’invitation de M. al-Sissi, a-t-on affirmé indiquant qu’il sera représenté par le Premier ministre Modibo Keïta. Ce dernier doit quitter le Mali mercredi matin pour l’Egypte.

L’attaque du 1er août vers Nampala, une embuscade, a aussi fait quatre blessés dans les rangs de l’armée en plus des deux morts. Aucun détail n’a été fourni sur les assaillants.

Celle de lundi, contre une base de la Garde nationale, a aussi fait un blessé en plus des onze tués. Cette attaque a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), selon l’agence de presse privée mauritanienne Al-Akhbar.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda – dont Aqmi et Ansar Dine, mouvement fondé par un ex-rebelle touareg malien – après la déroute de l’armée face à la rébellion, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Bien que les jihadistes aient été dispersés et en grande partie chassés de cette vaste région à la suite du déclenchement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une opération militaire internationale, des zones entières échappent encore au contrôle des autorités maliennes comme des forces étrangères.

Dans sa déclaration, le président Keïta a invité les Maliens à unir (leurs) forces pour en finir avec le cancer du terrorisme, de l’extrémisme et de toutes les formes de négation des valeurs de civilisation ajoutant que le Mali vaincra le terrorisme, c’est ma forte conviction.

(©AFP / 04 août 2015 23h29)

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