Corruption dans l’administration publique malienne : IBK peut-il vraiment sanctionner ?

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«Celui qui n’est ni transparent, ni droit se fait humilier en voulant monter à l’arbre de la transparence», nous enseigne un adage bambara. Malheureusement, cette boutade semble, parfaitement aujourd’hui, coller aux agissements du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta  qui multiplie, chaque jour, des menaces contre les pilleurs des deniers publics sans jamais oser prendre des mesures concrètes pour les en empêcher.

Deux ans et demi de gestion calamiteuse du pays témoignent de l’échec du président Keïta. Une des conséquences fut le gel, pour la première fois de mémoire collective, des aides budgétaires accordées au Mali par le FMI, la Banque mondiale et l’Union européenne.

Ces bailleurs avaient tout simplement fuit en 2014 la mauvaise gouvernance du régime. En effet,  le locataire de Koulouba ne fait que tourner en rond et donner, donnant parfois l’impression de faire face à l’apocalypse. Mais il oublie volontairement l’essentiel, à savoir des sanctions judiciaires et financières. Depuis l’ingénierie financière et mafieuse assortie de l’acquisition du Boeing 737 auquel son nom a été associé, tout aura été fait en vain. L’année 2014, déclarée année de la lutte contre la corruption, s’est finalement révélée comme celle de tous les records en matière de corruption.

Des menaces du bout des lèvres ont plu de Koulouba sans résultats. Mais, chaque année apporte, sans exception, son lot de scandales financiers. Et les délinquants financiers sont, de plus en plus, actifs dans leur basse œuvre. Mais impossible de faire sortir le Président IBK de sa posture archaïque  de menaces infructueuses. On se rappelle le traitement réservé aux auteurs de la surfacturation assortie de l’acquisition de l’avion présidentiel et du marché de fourniture d’équipements militaires. Les ministres impliqués n’ont jamais été inquiétés par la justice. Au contraire, certains d’entre eux ont même été couverts et promus par le Président de la République avant même que la justice se saisisse de l’affaire. Une manière certainement pour étouffer définitivement le scandale. Et depuis, que de menaces gratuites! Mais jamais de punition digne de ce nom. Toute chose qui fait croire, aujourd’hui, aux Maliens que le Président IBK est incapable de sanctionner ces suceurs du sang des contribuables maliens qu’il déteste sur parole. Pour quelle raison ? En tout cas, le Président de la République, lui-même, est cité dans toutes ces affaires scandaleuses que connait son régime. Cela constitue, aujourd’hui, une piste de réponse pour beaucoup de Maliens.

Youssouf Z KEITA
Source: Le Républicain

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