Economie

Roue Bleue : promouvoir un apprentissage en ligne utile

Prix de la jeune entreprise africaine #17. L’objectif de Roue Bleue : développer une formation qui puisse impacter, entre autres, sur le monde agricole au Mali.

Sidibe

Le Point Afrique : Quel problème essayez-vous de résoudre ?

Abdoulaye Sidibé : Roue Bleue a pour mission de pallier les inégalités dans le secteur de l’éducation et de la formation, de favoriser la réussite scolaire sur le territoire africain et d’assurer un enseignement de qualité à tous les apprenants, quelle que soit leur origine sociale. Avec Roue Bleue Academy, nous souhaitons mobiliser nos experts de l’environnement, de l’agriculture et du développement durable pour révolutionner la chaîne agricole au Mali et assurer une production de masse en renforçant les capacités locales et en formant les populations rurales par le biais d’une plateforme multimédia d’enseignements.

Comment l’idée de ce projet vous est-elle venue ?

Notre idée part d’un constat affligeant. D’une part, un taux d’admission de 17,99 % pour le baccalauréat général et technique, soit un taux d’échec de 82,01 % et de nombreuses grèves qui rendent l’enseignement difficile.
 D’autre part, environ 80 % de la population malienne tirent ses revenus de l’agriculture. La grande majorité est occupée dans de petites exploitations familiales vulnérables et basées sur l’autosuffisance. (Source MAE du Danemark)
.

Le pays fait face à de grands défis. En ce qui concerne l’agriculture par exemple, pendant que la mangue, en surproduction dans certaines régions, se décompose, les populations du Nord n’en trouvent pas.
 La modernisation du secteur est une priorité pressante pour exploiter le potentiel agricole du pays et assurer aux populations rurales de meilleures conditions de vie.

Quelle est votre solution à ce problème ?

Avec une population de 15 millions d’habitants et un chiffre record de 22 millions d’abonnés à la téléphonie mobile, un taux de couverture réseau GSM supérieur à 85 % et un accès à Internet en forte progression, les TIC représentent la solution.
 Il s’agit donc d’une plateforme multimédia d’apprentissage en ligne pour les élèves, apprenants et étudiants résidant sur le continent africain. Elle est accessible depuis votre smartphone, tablette, PC et propose une panoplie de formations, de cours et d’exercices corrigés, conçue pour permettre à l’apprenant d’acquérir un savoir et des compétences, tout en prenant en compte son environnement socioculturel immédiat.

Avez-vous identifié vos concurrents ? Si oui, qui sont-ils ?

– Imadrassa, en Algérie.

– Tutorys, en France.

Quelle est votre valeur ajoutée ?

– Notre plateforme propose des modules de formation, des tutoriaux et des cours ayant un lien avec les métiers et enjeux du développement durable et des NTIC.

– Une application est téléchargeable sur smartphone ou tablette et des contenus pour liseuses électroniques sont transférables et rechargeables via des bornes.

Comment comptez-vous rentabiliser votre projet ?

1 – abonnement souscrit par les utilisateurs

2 – utilisation de cartes prépayées ou recharges

3 – une application smartphone

En Afrique,
 elle répond à une demande croissante et facilite considérablement la prise en charge de la scolarité des enfants dès la maternelle.
 Elle répond à un besoin de formation exprimé par les étudiants avec un format innovant, personnalisé et interactif.

Présentez-nous votre équipe de management et son organisation…

– Abdoulaye Sidibé : CEO & Fondateur Pilotage et Coordination
, Project Manager – ingénieur commercial – codéveloppement, 28 ans.

– Victorine Nlomgan : RRH & responsable FORMATION
, Consultante, coach, formatrice, DRH, 38 ans.

– Abdelhak Rechid : CTO
 & chef projet digital, programmateur, developpeur Web-Mobile, 35 ans.

Quels sont vos besoins cruciaux ?

– 5 000 euros : 200 kits de formation (clé USB avec la vidéo de présentation du projet en langue locale, tutoriel et Goodies).

– 3 200 euros : conception des vidéos de formation et de présentation du projet en langue locale.

– 1 800 euros : bundle de 60 000 SMS (0.03 euro le SMS) pour les notifications mensuelles.

– 3 500 euros : 8 séances de formation pour les zones sélectionnées.

– 2 500 euros : entretien et maintenance de la plateforme.

– 45 000 euros : développement du site, de la plateforme web et de l’application mobile (géolocalisation, serveurs, spot WiFi…).

Au-delà de l’objectif fixé, nous pourrons démultiplier nos efforts et toucher beaucoup plus de coopératives, paysans et autres marchés.

État de l’avancement du projet : où en êtes-vous aujourd’hui ?

Une logique de recommandation sociale et de parrainage pour les personnes les moins favorisées (étudiants, élèves, orphelins, handicapés) inspirée des comportements africains de solidarité.
 Nous intervenons en France, principalement en milieu scolaire et auprès de publics primo-arrivants ou allophones. 
Nous avons pu accompagner à ce jour plus de 200 jeunes et développer une approche spécifique pour les décrocheurs scolaires et les personnes ayant un profil autodidacte
. Au Mali, nous avons noué un partenariat avec des centres de formation et plusieurs écoles privées, nous souhaiterions nous rapprocher des établissements publics via un partenariat avec le ministère de tutelle.

Racontez-nous une anecdote illustrant votre difficulté à trouver des financements.

Nous avons jusqu’à aujourd’hui décroché quelques appels à projets et préparons une campagne de crowdfunding. Jusqu’ici, la principale difficulté était de rencontrer des interlocuteurs totalement impliqués et intéressés par notre démarche (freins culturels et techniques).

Comment voyez-vous votre projet dans cinq ans ?

Nous souhaiterions devenir l’un des acteurs principaux de la formation professionnelle et qualifiante sur le continent africain et créer l’académie numérique africaine.

C’est quoi, le rêve de votre vie ?

Le développement endogène du continent africain et faire du Mali l’un des pays les plus productifs dans les domaines de l’élevage et de l’agriculture modernes.