Niveau de corruption au Mali : La police en tête, suivie de la justice et de la mairie

C’est du moins l’opinion des Maliens, selon une enquête réalisée par «Mali-Mètre» de la Fondation Friedrich Ebert.

aliteLe sondage dont les résultats ont été présentés à la presse le jeudi dernier est le sixième du genre réalisé Mali-Mètre depuis son initiation par la Friedrich Ebert Stiftung en 2012. Axée principalement sur l’Accord pour la paix et la réconciliation, cette enquête d’opinion s’est déroulée du 18 au 25 mai 2015 et a concerné 1803 individus tous âgés d’au moins 18 ans. Elle a touché le district de Bamako et toutes les capitales régionales, excepté Kidal.

Des résultats de ladite enquête d’opinion, il ressort que seulement 19% des Maliens connaissent quelques points importants de l’Accord, quand bien même 80,1% de citoyens trouvent que la signature dudit Accord est une bonne chose. Pour plus de la moitié de la population, soit 55,9%, l’Accord ne porte en aucun cas atteinte à l’unité nationale, contre 29,4% d’avis contraire. Ils sont 14,7 à ne pas pouvoir donner d’avis sur ce point. Aussi, l’écrasante majorité de la population (60,6%) des Maliens pensent-ils que le gouvernement pourra difficilement mettre ce document en œuvre, malgré sa signature par les groupes armés de la CMA.

Au chapitre de la corruption, les résultats de l’enquête révèlent que plus de 2 citoyens sur  3, soit 67%, estiment que le niveau du fléau est élevé (23,8%) ou très élevé (43,2%). Les secteurs les plus concernés par la corruption sont la police (52%), la justice (44,4%), la mairie (36,8%). Les douanes occupent la 4ème position (34,5%), suivies de la santé (32%) et l’école (30).

Il faut noter par ailleurs que les Maliens, dans la grande majorité (66,3%), placent toujours leur confiance en le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Cette marge est de 59,1% et 52,4% respectivement pour le gouvernement et l’Assemblée nationale.

Ils sont de l’ordre de 71 %, les enquêtés qui estiment que l’insécurité doit être le principal défi auquel le gouvernement doit faire face, contre 49,9% pour le chômage et 44,3% pour l’insécurité alimentaire.

Il faut rappeler que d’autres aspects de l’enquête ont concerné la notion de l’Azawad, la régionalisation, le mandat de la Minusma, la présence de Barkhane, l’Eutm, entre autres.

La cérémonie de présentation des résultats s’est déroulée en présence du Représentant résident de la FES, Jan Henrik Fahlbusch, de l’Ambassadeur allemand, Günter Overfeld, dont les missions viennent de prendre fin, et du représentant spécial de la Cedeao pour la crise malienne, Cheaka Aboudou Touré.

Bakary SOGODOGO

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