Les non-dits du nouveau passeport malien : Silence ! Le scandale continue !

La mise en circulation du nouveau passeport biométrique Malien a été récemment commentée par le Ministre de la Sécurité comme étant la meilleure solution pour le bonheur des utilisateurs de ce précieux document. Nos enquêtent attestent du contraire.

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Nous nous sommes rendus compte que les demandeurs de passeports souffrent le martyr d’abord pour déposer leurs demandes au regard de la procédure mise en place qui présente un grand inconvénient : en plus d’une file d’attente interminable à ECOBANK pour le paiement des frais du passeport, le principe du paiement est basé uniquement sur la carte NINA et aucune autre alternative n’est possible.

Et on le sait : la carte NINA, imprimée pour un besoin électoral n’est pas encore accessible à tout le monde. Pis ! Elle n’a été conçue que pour les personnes ayant l’âge de voter c’est-à-dire, 18 ans ou plus. Du coup, tous les enfants et toutes personnes ne détenant pas de NINA ne pourront posséder un passeport. Et tenez-vous bien ! Pour avoir une carte NINA, il faut d’abord s’enrôler dans une Mairie qui donnera un délai de 6 mois voire un an.

Plusieurs dizaines de demandeurs ont ainsi versé les frais d’établissement du passeport sur un compte bancaire à ECOBANK sans pour autant pouvoir déposer leur demande parce qu’ils ne possèdent pas de carte NINA. Ces personnes ne savaient pas que la carte NINA était une exigence pour n’avoir pas été informées au préalable.

Un autre grand handicap de ce nouveau passeport est le délai de 4 semaines annoncé par le Ministre de la Sécurité ce, quand on sait que ce sont des cas de force majeures (maladies, missions urgentes etc.) qui méritent un traitement diligent. Au lieu de faciliter la délivrance du passeport, cette nouvelle procédure semble la rendre encore plus difficile. Aussi, plusieurs questions sur la pertinence de ce nouveau passeport restent jusqu’à présent sans réponse: – Quelle solution a-t-on prévu pour les maliens de l’extérieur très souvent confrontés à un besoin pressant de passeport ? Des Maliens de l’extérieur ont souvent perdu leur emploi pour défaut de passeport. – Quelle est l’avantage sécuritaire de ce nouveau passeport par rapport à l’ancien ? Des experts disent que l’ancien passeport est très sécurisé et contient aussi une zone biométrique. Selon les experts, la différence avec le nouveau va être l’incorporation de la puce électronique. Pourquoi un passeport à puce si le passeport actuel ne souffre pas de défaillance sécuritaire ? – Qu’est-ce que le Mali gagne sur le plan des recettes dans la délivrance de ce passeport ? Apparemment pas grand-chose. Au contraire le Mali perdra beaucoup d’argent. L’ancien passeport revenait seulement à 4.000F CFA le livret et nos autorités le cédaient à 50.000F CFA aux demandeurs internes au niveau des Ambassades et Consulats.

Avec ce nouveau passeport, le Mali ne percevra que 33% de ces recettes, c’est-à-dire à peu près 2 milliards par an. Ce qui fait une perte sèche de plus de 4 milliards par an. Ce manque à gagner tombera bien sûr dans les comptes du concessionnaire qu’est la société Oberthur Technologies qui a créé une société écran à cet effet du nom de MSN (Mali Solution Numérique).

Comment en est-on arrivé là ? Tout porte à croire que le concessionnaire qui a obtenu son marché dans des conditions très obscures n’a pas encore une solution satisfaisante. Rappelons que c’est un conseil des Ministres qui a attribué le marché du passeport à la Société française Oberthur Technologies. Le contrat du passeport a par la suite été signé par le Président de la République en personne lors de sa visite d’Etat en France.

Chose qui parait très louche quand on sait qu’un dossier aussi important concernant l’avenir de nos concitoyens mérite d’abord d’être débattu à l’Assemblée Nationale. Cette fois l’Assemblée Nationale a été contournée et mise devant le fait accompli. Pourquoi l’Assemblée Nationale n’a pas été consultée ? Pourquoi IBK a pris tout seul la décision d’engager le Mali dans cette affaire ? Nous y reviendrons !

B.S. Diarra

Source: La Sentinelle

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