Plus de 60 villas et maisons à étages démolies hier à Souleymanebougou

Mama-Bathily

Plus de soixante bâtiments de valeur sis à Souleymanebougou près de Bamako ont été démolis hier jeudi 23 juillet 2015.

Dans la matinée du jeudi, trois bulldozers ont été engagés dans la démolition des bâtiments dont le périmètre avait été au préalable bouclé par des forces de l’ordre.

Situé au nord-est de la commune I du District de Bamako, souleymanebougou relève du cercle de Kati et de la commune de Ngabacoro-droit. C’est ici que réside l’ancien Président Alpha Oumar Konaré depuis son départ du pouvoir en 2002.

A la question de savoir pourquoi la démolition des bâtiments dont les lots ont été distribués par la mairie de la circonscription, « ce sont des lots irrégulièrement octroyés par la mairie et la préfecture de Kati, explique une dame venue conduire les travaux de démolition.»

Curieusement, tous les propriétaires de bâtiments démolis rencontrés sur place, affirment avoir reçu des permis d’occuper à eux délivrés par la mairie.

« Certes, ils ont des autorisations, mais, la plupart des bâtiments que nous démolissons sont soit construits dans le lit du fleuve, soit appartenant à l’ACI, explique un autre responsable des domaines qui ajoute. Il ne revenait pas à la mairie de procéder à la distribution des parcelles relevant du patrimoine immobilier de l’Etat, et surtout de terres cédées à l’ACI.»

« Faux, rétorque une victime ayant désespérément assisté à la démolition d’une villa que lui a léguée son mari décédé il y a juste un an. Ce qui est sûr, nous avons tous nos papiers datant de plus de trente ans, et nous n’avons jamais été avisés d’une quelconque irrégularité dont souffre notre parcelle jusqu’à ce que l’on vienne ce matin nous jeter à la rue. »

Dans le parage, bien de villas ont été épargnées de l’opération, mais, « il s’agit des parcelles vendues par l’ACI », explique un témoin.

« La seule raison à l’origine de cette démolition accélérée n’est pas le fait que des maisons sont dans le lit du fleuve, fulmine un connaisseur du dossier. En réalité, dans ce pays on se connait, le ministre des Domaines roule pour l’ACI et d’autres agences immobilières de grandes pointures», avant de mettre en garde, « Tout celui qui se hasarde à racheter ces coins tombés dans une polémique éternelle, aurait jeté son argent car il suffit que le pouvoir change pour que la vérité elle aussi change au Mali. »

Il nous revient qu’après la démolition, les parcelles appartenant à l’ACI, seront encore revendues à des particuliers.

Issiaka M Tamboura (maliweb.net)

 

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