zone de sécurité » de l’ONU à Kidal

L’ONU a commencé ce matin à établir une « zone de sécurité » autour de la ville de Kidal, dans le nord du Mali, où la tension restait perceptible après des combats meurtriers la veille entre deux groupes armés rivaux, selon des sources concordantes. « Nous avons commencé l’établissement de la zone de sécurité sur le terrain à 20 kilomètres autour de Kidal. Nous avons les hommes et le matériel qu’il faut », a déclaré un responsable de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) joint dans cette ville située à 1.500 km au nord-est de Bamako.

Un habitant de Kidal a indiqué avoir vu tôt aujourd’hui des Casques bleus originaires du Bangladesh et de la Guinée quitter la ville pour sa périphérie. Un autre a affirmé y avoir vu arriver deux hélicoptères de l’ONU. L’établissement de cette « zone de sécurité » par l’ONU « jusqu’à nouvel ordre » fait suite à trois jours de violences entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion) et le Groupe d’auto-défense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-Bamako) dans des localités autour de la ville de Kidal.

Les plus sérieux affrontements, hier, se sont déroulés à Anéfis (environ 120 km de Kidal) et ont fait « au moins dix morts et de nombreux blessés », selon une source de sécurité au sein de la Minusma. Un responsable du Gatia, Fahad Ag Almahmoud, avait affirmé lundi que son mouvement a fait « 15 morts dont des chefs militaires » et « une dizaine de prisonniers » dans le camp adverse. Il a ajouté que le Gatia avait pris le contrôle d’Anéfis, ce qui a été confirmé par un élu local et une source internationale. La CMA a confirmé les combats, sans énoncer de bilan, promettant un communiqué ultérieurement.

Sur le terrain ce matin, la situation était calme mais la tension était « perceptible », a indiqué la source de sécurité au sein de la Minusma. « Le climat est lourd. Il n’y a pas de reprise de combats sur le terrain. Mais vers la localité de Touzik », où ont débuté les violences samedi, « une tension est perceptible. Nous espérons que les combats ne vont pas reprendre », a-t-elle dit. Dans un communiqué hier soir, la Minusma avait annoncé la mise en place de cette zone de sécurité autour de Kidal « pour parer à toute éventualité d’une extension des combats qui pourraient affecter la population » de la ville, fief de la CMA.

LeFigaro.fr avec AFP

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